Les appels téléphoniques se multiplient depuis samedi soir. Car en cas d’éventuel limogeage de Guy Novès et de son staff, de nombreux techniciens commencent à tâter le terrain et prendre des renseignements. Discrètement, évidemment. Ils sont français mais aussi étrangers. Mais aucun d’entre eux n’oserait faire publiquement acte de candidature aujourd’hui. Ce serait de toute façon déplacé puisque l’ancien manager du Stade Toulousain est encore loin d’avoir fait ses valises. Comme il l’a indiqué à RMC Sport dimanche, le sélectionneur n’entend pas démissionner.

« J’irai au bout », nous a-t-il assuré. L’homme n’est pas du genre à abdiquer, même devant une telle série de résultats. Mais que va faire Bernard Laporte ? Le président de la FFR n’a eu cesse de conforter Guy Novès dans ses fonctions. « J’ai dit qu’on n’écartera personne, disait-il récemment sur RMC. Je n’ai qu’une parole. Quand je suis arrivé, le premier discours que j’ai fait aux joueurs, pas le deuxième, c’était: « le staff, regardez-les bien, ils seront là jusqu’en 2019″. Et je ne suis pas homme à changer de parole… »

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Mignoni et Laporte, comme à Toulon ?

Sauf que la donne a changé, surtout depuis le match complètement nul contre le Japon. Et Bernard Laporte n’exclut plus désormais la possibilité d’un changement de staff. « S’il faut changer de sélectionneur, je le ferai mais je ne veux pas me précipiter », disait-il dans les colonnes du Midi Olympique lundi. Le président de la FFR, qui ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet cette semaine, se laisse en effet le temps de la réflexion. Mais aussi peut-être le temps de trouver la perle rare, ce qui n’est aujourd’hui pas le cas selon nos informations. Bernard Laporte devrait aussi rencontrer prochainement Guy Novès pour dresser le bilan, forcément négatif, de cette tournée d’automne.

Mais ensuite ? En cas de départ forcé du sélectionneur, qui pourrait lui succéder ? Si elles existent, les pistes sont évidemment limitées. Et les effets très hypothétiques. L’une des plus sérieuses mène à Pierre Mignoni, désormais sous contrat jusqu’en 2023 à Lyon mais qui possède une clause de sortie. « Cela permettrait un peu à Bernard d’être président-entraineur, nous indique un proche de Laporte. Car les deux hommes se connaissent très bien et il y avait un vrai échange à Toulon. »

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La surprise Jacques Brunel ?

Mais la surprise pourrait venir de Jacques Brunel. L’ancien adjoint de Bernard Laporte, désormais entraineur en chef à l’Union Bordeaux-Bègles, intéresserait bien le président de la FFR. Mais son âge (63 ans, comme Novès) pourrait être un frein. Longtemps, Fabien Galthié a semblé tenir la corde. Mais sa situation à Toulon s’est tendue ces dernières semaines. Et selon nos informations, aucun contact n’a été établi par Bernard Laporte avec le RCT concernant l’ancien demi de mêlée aux 65 sélections.

Enfin, reste la possibilité de faire appel dans quelques mois à Laurent Labit et Laurent Travers. Les deux coachs sont désormais sous contrat jusqu’en 2022 au Racing 92 et ne possèdent pas de clause de sortie. « Philippe Saint-André n’en avait pas non plus en 2011 et cela ne n’a pas empêché de devenir sélectionneur », nous dit-on. Un profil comme Gonzalo Quesada (à Biarritz et qui possède une clause) pourrait être étudié pour relancer ce groupe en proie aux doutes.

A l’étranger, l’hypothèse Jake White 

A l’étranger, l’Anglais Mike Ford suivrait le dossier avec attention. Mais son passage raté au RCT ne plaide pas vraiment en sa faveur. Clive Woodward, lui, intéressait bien Bernard Laporte il y a quelques mois. Mais ça, c’était avant. « C’était une hypothèse sérieuse mais ça ne l’est plus, selon proche de la FFR. Cela a évolué dans l’esprit de Laporte. Le rugby a beaucoup changé depuis qu’il n’entraine plus, c’est d’ailleurs aussi le problème de Guy Novès avec la nouvelle génération… » Et dans l’entourage de Woodward, étonné de voir son nom ressortir ces derniers jours, la question ne se pose pas.

Mais pour beaucoup, un nom pourrait s’imposer dans la réflexion de Bernard Laporte: Jake White. « Bernard et lui étaient très amis et se respectent beaucoup, nous a-t-on également confirmé. C’est lui qu’il voulait faire venir à Bayonne à une époque. » Champion du monde en 2007 avec l’Afrique du Sud, Jake White a l’avantage de connaitre le Top 14 pour y avoir réalisé un audit de Toulon en 2008 puis entrainé trois ans à Montpellier (de 2014 à 2017), où Vern Cotter lui a succédé.

« Créer une nouvelle identité »

Justement, le Néo-Zélandais aurait le profil idéal mais il est sous contrat avec Montpellier. Mohed Altrad pourrait-il le libérer ? La question mérite d’être posée quand on connait les relations entre le patron du MHR et la FFR. Joint par RMC Sport ce mardi, Mohed Altrad n’a pas voulu s’exprimer. L’ancien coach de Clermont et de l’Ecosse est d’ailleurs resté muet sur le sujet mardi lors du point presse du MHR. Selon certains, remplacer Guy Novès ressemblerait de toute façon à un cadeau empoisonné. Tous ne sont pas de cet avis.

« Il faut juste créer une nouvelle identité et une nouvelle culture de fonctionnement tout en changeant le projet de jeu, nous a expliqué un technicien reconnu. Il faut redonner de la confiance, de l’envie et de l’enthousiasme aux joueurs, et arrêter avec les excuses bidon… » Avec ou sans Guy Novès ? Car l’ancien Toulousain est encore loin d’être parti.

http://rmcsport.bfmtv.com/rugby/xv-de-france-des-candidats-en-embuscade-1314666.html

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