Vous venez de franchir l’équateur sur un nouveau temps de passage record (6 jours, 2 heures et 15 minutes)…     
Oui. C’est le record absolu, que ce soit en solitaire ou en équipage. C’est super car c’est un tronçon du tour du monde qui n’est pas simple. Il y beaucoup de transitions. Pas mal de choses se passent sous l’Amérique du sud. J’ai eu un Atlantique sud favorable à l’aller. Et j’ai la chance qu’il me sourit aussi au retour avec une bonne situation météo. J’ai réussi à bien cravacher pour avancer vite et je suis super content.

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Vous êtes en train d’exploser le record de Thomas Coville, qu’on pensait inaccessible pour longtemps… 
Je pensais aussi que ce serait très difficile et je le pense toujours d’ailleurs. Plein de paramètres sont mis dans le bon sens: les conditions météo sont super, le bateau fait des merveilles et tient le coup malgré des vitesses élevées dans des conditions difficiles. Et pour l’instant, je navigue bien sur ce bateau-là. Tout se met en place.

Avez-vous dû ralentir la cadence à certains moments?
On est sur des bateaux qui sont capables d’aller très, très vite. On fait des pointes à 45 nœuds, ce qui fait 90 km/h. On navigue avec le vent et la mer. Des fois, quand les vagues sont vraiment trop violentes, il faut savoir ralentir un peu le bateau. Ça m’est arrivé plusieurs fois. Ce n’est jamais facile mais on n’a pas trop le choix.

Est-ce que votre bateau (Macif) a quelque chose de plus que celui de Thomas Coville (Sodebo)? Ou bien est-ce que votre navigation et les conditions font que vous êtes en avance sur son record? 
C’est difficile de faire la part des choses. Il faut de tout: un super bateau, une belle situation avec l’eau, il faut bien naviguer. Les potentiels des bateaux dépendent de l’adéquation qui se crée avec le skipper. Le trimaran Macif est un bateau magnifique qui me correspond parfaitement, qu’on a conçu depuis le départ avec l’équipe. Il ne correspondrait peut-être pas à un autre marin. (…) On est partis d’une page blanche il y a cinq ans quand on a monté ce projet.

Quelles erreurs devez-vous éviter pour battre le record?
Il y a un paquet de pièges. On a l’impression d’être arrivé. Ça sent l’écurie comme on dit. Et en même temps, il reste du chemin, il y a l’Atlantique nord à remonter. C’est quasiment comme une transat. Il peut se passer plein de choses, surtout que le bateau a pas mal de chemin derrière lui. Il faut être très vigilant, être à l’écoute du bateau. Le problème technique est, je pense, le souci numéro un. Il faut essayer de déceler les petites avaries qui pourraient dégrader le bateau. Ça va être mon challenge des prochains jours: ne pas prendre de risque.

VIDEO. Voile: immersion avec François Gabart

http://rmcsport.bfmtv.com/voile/tour-du-monde-en-solitaire-gabart-il-y-a-un-paquet-de-pieges-1323997.html

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