Vous étiez des trois campagnes victorieuses du RCT en coupe d’Europe. Quel est votre meilleur souvenir dans cette compétition ?

Sébastien Tillous-Borde : Ces trois victoires de rang, c’est quelque chose qui restera gravé. A l’exception de Toulon, personne ne l’a fait. Ça reste une compétition qu’on attend et où on a envie de faire quelque chose. Pourquoi ne pas la gagner à nouveau ? Ce serait énorme d’y arriver. Pour les souvenirs, le premier titre était magnifique, mais je me souviens surtout du deuxième face aux Saracens (en 2014, victoire 23-6, ndlr). Ce succès est venu confirmer notre domination européenne. C’est la victoire la plus aboutie. La première année on gagne par surprise, Clermont était archi-favori, ils étaient bien en place et jouaient très bien (le RCT l’avait emporté 16-15). La deuxième année, les Saracens avaient déjà une très belle équipe. Pendant les vingt premières minutes, c’était vraiment très dur avec un très gros défi physique. Mais après, on a pris le dessus sur eux et on a été meilleurs. On a dominé cette finale.

Derrière le troisième succès, Toulon est tombé deux fois en quart de finale. Qu’est-ce qui a changé ?

S. T-B. : Les années de victoire, on avait un belle dynamique mais aussi un effectif énorme. Il faut le dire. Dès que ça tournait, les joueurs qui entraient en jeu étaient du même niveau. Sur une saison, où le championnat est dur avec en plus la Coupe d’Europe, il faut être costaud.

«  Cette année, si on perd deux matches on ne se qualifiera pas« 

On mesure également l’exploit d’avoir réalisé un doublé Top 14 – Coupe d’Europe…

S. T-B. : Ce n’est pas infaisable, les Saracens ont réussi à faire la même chose il y a deux ans. Mais il faut être au-dessus. C’est exceptionnel. C’est en prenant du recul qu’on s’aperçoit à quel point c’est difficile. L’effectif doit être complet, ça épuise. Mais la coupe d’Europe donne de la fraîcheur.

En quoi est-ce si différent du championnat ?

S. T-B. : C’est un jeu plus rapide où les rucks sont moins disputés. Il y a plus de place au jeu, on voit chaque année de gros matches qui se rapprochent du niveau international. On sait que ça va être des rencontres où on va courir plus et le ballon va se déplacer. Quand les deux équipes ont la volonté de mettre du rythme, ça laisse plus de place et des ouvertures pour jouer. Et puis, il n’y a que six matches de poule. On a droit à un seul joker. Si tu commences à perdre deux matches, c’est fini. L’an passé, on se qualifie avec deux défaites car d’autres équipes étaient dans la même situation que nous, c’était assez homogène mais on a eu la chance d’arriver en quart. Cette année, si on refait pareil, on ne se qualifiera pas, c’est certain.

«  La Coupe d’Europe donne une nouvelle dynamique au groupe« 

On observe souvent des comportements différents en Coupe d’Europe, notamment chez les joueurs étrangers qui semblent plus impliqués qu’en championnat. Vous constatez la même chose ?

S. T-B. : Le championnat est compliqué, avec dix mois de compétition. Dans la saison, tu connais des hauts et des bas. Ça peut être long. Alors qu’en Coupe d’Europe, tu joues, tu gagnes et tu es immédiatement en quart de finale. Et en neuf matches, tu peux soulever le trophée. C’est très court. Il faut être prêt dès le départ et ne pas passer au travers. C’est ce qui est excitant pour les joueurs. On sait que c’est une compétition où on ne peut pas se mettre à l’erreur. En championnat, quand tu as joué dix matches à la suite, tu y vas parfois avec moins d’énergie, notamment à l’extérieur, car tu sais que tu peux rebondir derrière. En coupe d’Europe, il faut être à 120 %.

Est-ce que les anglo-saxons ont un avantage sur les clubs français dans cette compétition grâce à leur calendrier ?

S. T-B. : Les Saracens ont la mainmise sur la Champiosn Cup avec leurs deux victoires de rang. Mais je ne sais pas si leur calendrier est favorable. On voit, sur les dernières années, que les équipes françaises arrivent en finale. On a gagné trois fois, puis le Racing et Clermont sont allés en finale. Au-delà du calendrier, ce qui est bien en tout cas, c’est de partir sur une autre compétition après sept journées de championnat. Ça donne une nouvelle dynamique au groupe.

Leigh Halfpenny et Sébastien Tillous-Borde (Toulon) - 6 mai 2017

Leigh Halfpenny et Sébastien Tillous-Borde (Toulon) – 6 mai 2017Icon Sport

Un mot sur cette rencontre face aux Scarlets et sur les retrouvailles avec Leigh Halfpenny ?

S. T-B. : On a la chance de pouvoir commencer à domicile. C’est toujours mieux pour démarrer cette compétition même si c’est face à une belle équipe des Scarlets. Si on fait un gros match, ça nous permet déjà de mettre une option. Mais on sait aussi qu’il faudra aller chercher une victoire à l’extérieur. Concernant Leigh, c’est un joueur qui a été important pour nous, il butait très bien. Il nous a apporté cette qualité lors du dernier titre européen notamment. Il était très professionnel également. Après, il n’a pas pu jouer les phases finales avec nous l’an passé. S’il n’est plus là aujourd’hui, c’est certainement à cause de ça, même s’il faut en parler avec Mourad. Il est revenu chez lui aux Scarlets en donnant la priorité à la sélection. C’est dommage de ne pas avoir pu lui dire au-revoir. Mais ce sera l’occasion de le croiser dimanche.

http://www.rugbyrama.fr/rugby/champions-cup/2017-2018/sebastien-tillous-borde-la-finale-face-aux-saracens-etait-la-plus-aboutie_sto6365256/story.shtml

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