Rémi Tales, vous avez retrouvé du temps de jeu au Racing et vous avez même déjà été plus souvent été titulaire que sur l’ensemble de la saison dernière (sept titularisations en Top 14 et une en Champions Cup)…

(Sourire) Oui, j’y ai aussi pensé dans la semaine. J’ai été blessé quatre mois la saison dernière. Je n’étais pas performant. J’ai aujourd’hui la chance d’enchaîner. Les blessures des uns font le bonheur des autres, j’essaie d’en profiter et d’être à la hauteur. Ça fait du bien à la tête. On se reconsidère comme joueur de rugby. On peut douter et se demander si on est encore à la hauteur. Mais en enchaînant comme ça en ce début de saison, ça prouve que je peux continuer à jouer au rugby. (Sourire)

Savourez-vous d’avoir davantage de temps de jeu cette saison?

C’est vrai que quand on se retourne sur les deux premières années, durant lesquelles je n’ai pas beaucoup joué, on savoure. J’ai envie de prendre un maximum plaisir et de croquer dedans. On est dans une équipe avec des joueurs énormes et c’est un plaisir de jouer, de s’entraîner avec eux au quotidien.  Je prends ce qui est à prendre et j’espère très bien finir au Racing, au moins aussi bien que lors de ma première saison ici.

Avez-vous parfois regretté d’avoir signé au Racing en 2015?

Regretté, non. J’ai eu un titre en plus (en 2016), j’ai fait une finale de Coupe d’Europe (perdue contre les Saracens également en 2016), je joue dans l’un des meilleurs clubs actuels. Le seul regret, c’est peut-être la saison dernière, j’ai été blessé et j’aurais dû me soigner plutôt que de jouer alors que ça n’allait pas. C’est plus ça qui m’a fait enchaîner de mauvaises performances, mes blessures et cette absence assez longue. J’ai essayé de me recentrer sur moi-même et bien bosser. C’est difficile puisque parfois on a l’impression de ne plus vivre avec l’équipe. On est à côté. Certains passages sont très compliqués pour la tête, mais ce sont aussi des bonnes expériences pour la vie. J’ai appris à être patient lors de ces blessures et ces moments de doutes qui sont désormais derrière moi.

Avez-vous pensé à partir pour retrouver davantage de temps de jeu?

Forcément, à un moment, ça m’est passé par la tête, surtout quand ton concurrent c’est Dan Carter et que tu récupères les miettes, parfois c’est dur. Mais c’était compliqué de partir vu que j’étais blessé aussi l’an dernier. Je ne vais pas mentir, ça m’a traversé l’esprit mais je ne suis jamais allé voir les coaches pour leur dire que je voulais partir. J’avais envie aussi de leur montrer qu’ils ne s’étaient pas trompés en me faisant venir et que j’allais revenir au niveau et qu’ils allaient avoir besoin de moi. Je suis content, aujourd’hui, c’est ce qu’il se passe.

Comment avez-vous vécu ces années passées dans l’ombre de Dan Carter depuis votre arrivée après la Coupe du monde 2015?

On est partagé par le sentiment d’être avec lui au quotidien. J’ai tout de même progressé sur pas mal d’aspects, notamment pour mon futur si jamais j’entraîne. Il amène beaucoup de chose, c’est hyper positif. Après c’est sûr que je sortais de la Coupe du monde 2015, à Castres j’étais capitaine, et du jour au lendemain, je suis passé de l’équipe de France à remplaçant au Racing, voire même parfois 24e joueur. Il y a eu des moments vraiment compliqués. Mais je le respecte vraiment beaucoup pour ça, et c’était une concurrence saine. Ça se passait très bien et je ne souhaite jamais la blessure de quelqu’un. C’était Dan Carter, un concurrent compliqué! (Sourire)

Ce week-end, vous aurez encore du temps de jeu à Castres, votre ancienne équipe. Dans quel état d’esprit êtes-vous?

Ce sont toujours des matchs particuliers contre Castres. J’espère que ça se passera mieux que le premier match de la saison. C’est là que j’ai connu mes plus grosses émotions. Avec Castres, j’ai été en équipe de France, j’ai été capitaine, j’ai été champion de France, finaliste. Une autre année on a joué le maintien. J’ai eu 4 années pleines là-bas, et ça sera particulier samedi quand je vais revenir. En plus ils ont refait la nouvelle tribune que je ne connais pas. C’est sûr que de retrouver les anciens coéquipiers, les amis que j’ai laissés là-bas, ça fait toujours quelque chose. C’est quand même sympa.

Quel regard portez-vous sur ces Castrais?

Ils sont comme nous, sur une super dynamique. Ils ont fait un match énorme à Toulouse le week-end dernier. On sait que ça va être très compliqué, surtout à domicile, ils sont compliqués à jouer. Et ils vont être en confiance. Il ne va pas falloir faire le même début de match que contre le Stade Français, autrement, ça va être très long.

Comment imaginez-vous votre futur? A Mont-de-Marsan, le club de vos débuts?

Je vais continuer à jouer au rugby en tout cas, ça c’est une certitude. Je me sens bien. C’est ma passion. Il ne me reste plus beaucoup de temps à jouer. J’ai encore énormément envie de prendre du plaisir. Je veux retrouver un club où je me sens bien, où il y a un projet intéressant et être au cœur du projet. Je ne me fixe pas de barrière. Ça sera ma tête et mon corps qui me diront quand ça sera l’heure d’arrêter. Il y a des discussions avec quelques clubs, mais c’est vrai que c’est mon club de formation, mon meilleur ami qui est là-bas, on a commencé le rugby ensemble à cinq ans (ndlr: Romain Cabannes). L’intérêt de Mont-de-Marsan est important mais j’ai d’autres pistes donc ça va être un tout à réfléchir, avec ma famille aussi, je ne suis pas le seul à décider maintenant. C’est sûr que les Landes, c’est une option.

http://rmcsport.bfmtv.com/rugby/remi-tales-ca-fait-du-bien-a-la-tete-1321776.html

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