Thomas Darmon : la continuité

Pur produit du centre de formation de Montpellier, passé par le pôle Espoir de Béziers, Thomas Darmon a vécu son baptême du feu européen au Leinster samedi dernier. Visé par “l’armée” irlandaise, qui a attaqué sa zone sans relâche, le jeune ouvreur de 19 ans a vécu une après-midi difficile. Il a parfois joué en reculant et s’est souvent contenté de distribuer le jeu simplement, en usant fréquemment de retours intérieurs. Le champion d’Europe U18 tricolore n’a donc pas assez pesé sur la rencontre et a au final livré une copie moyenne sans saveur.

Mais Darmon n’est pas non plus passé à côté de l’évènement et Vern Cotter croît en son talent. Il veut lui laisser le temps de grandir en s’exprimant au haut niveau, chose que Jake White n’a pas réalisé l’an dernier, en recrutant Willie du Plessis en joker médical. Et que le MHR n’avait pas non plus fait par le passé, avec Enzo Selponi ou Ilian Perraux : « Thomas est dans son apprentissage. Et c’est un très bon garçon, car c’est lui qui a fait sa propre autocritique lors de son analyse de match. Il sait qu’il a plein de choses à travailler car il n’a que 19 ans. C’est une grande expérience pour lui, pas forcément comme il l’aurait voulu, mais c’est normal. Il apprend et développe son jeu, il n’y a pas mieux que ça. (…) On va continuer à bosser avec Thomas car on trouve qu’il a du talent. Il lui faut du temps« , explique Cotter.

Thomas Darmon (France -20) - 4 février 2017

Thomas Darmon (France -20) – 4 février 2017Getty Images

François Steyn : la sûreté

Le technicien néo-zélandais qui affirme que le MHR : « n’a pas de dépendance à Aaron Cruden, qui est un très grand joueur, car il y a des solutions et des talents partout dans ce groupe pour s’adapter« ; donnerait donc sa priorité à Thomas Darmon face à Exeter. Mais n’avait pas encore fait son choix mardi. C’est alors le nom du champion du monde François Steyn qui revient sur le devant de la scène. L’homme ne passe généralement à côté que d’un ou deux matchs par an et il a déjà connu ses échecs personnels au Stade Français et au Leinster cette saison.

Aligné en dix dans la Capitale, il avait livré une prestation indigne de son immense talent. Mais le Sud-Africain reste un centre de classe mondiale, qui peut être plus qu’une doublure à l’ouverture, comme il l’a déjà prouvé à Montpellier ou en sélection. Elément puissant, doté d’un très bon jeu au pied et d’une technique léchée, Steyn peut mettre à mal la défense anglaise dans le défi physique et sécuriser également la zone du dix. Il semble être le choix le moins risqué pour dimanche et sa complémentarité avec Benoît Paillaugue peut faire la différence.

François Steyn (MHR) lors de la rencontre Leinster - Montpellier / Champions Cup

François Steyn (MHR) lors de la rencontre Leinster – Montpellier / Champions CupGetty Images

Benoît Paillaugue : l’accélérateur

Son entrée en numéro dix à l’heure de jeu au Leinster a changé le visage offensif de Montpellier : « Benoît est frais ! Il attaque fort la ligne et sait varier le jeu. C’est bien d’avoir quelqu’un de polyvalent comme lui« , note Vern Cotter. Paillaugue apporte cette vitesse qui manquait cruellement au MHR en son absence. Et semble donc être le seul à pouvoir incarner cet accélérateur de particules dont Montpellier est aujourd’hui orphelin. Mais l’ouverture n’est plus son poste de prédilection, et l’expose aussi à des pressions défensives adverses trop élevées.

« Ça m’a fait plaisir de rejouer en dix même si ce n’était pas prévu. (…) J’ai pu dépanner, tant mieux, mais j’espère que cela n’arrivera plus souvent, car ce n’est plus mon poste. Je me sens beaucoup plus à l’aise à la mêlée maintenant. Je me suis entraîné à la mêlée aujourd’hui (mardi, NDLR) et on ne m’a pas parlé de l’ouverture pour dimanche. Donc on verra« , a expliqué le joueur. Il devrait être titularisé en numéro neuf dimanche, pour accélérer le jeu de son équipe, en collant constamment au ballon et en l’éjectant rapidement des regroupements. Chose que Ruan Pienaar, malgré de très bonnes prestations comme gestionnaire, ne fait pas naturellement.

Benoît Paillaugue (Montpellier) face à Agen - 26 août 2017

Benoît Paillaugue (Montpellier) face à Agen – 26 août 2017Eurosport

Ruan Pienaar : la sobriété

A 33 ans, le Springbok aux 88 sélections vit une seconde jeunesse dans l’Hérault. De retour à son meilleur niveau, il offre une option de choix à Vern Cotter à l’ouverture (un poste qu’il a souvent occupé dans sa carrière). Joueur complet qui n’a pas de réelles faiblesses et buteur efficace, il a l’expérience nécessaire pour assurer l’intérim en dix face à Exeter. Mais son profil ne colle pas avec la volonté affichée par Montpellier de poursuivre sa mue offensive, démarrée en seconde période au Leinster. Les Héraultais ont montré plus de cohésion en attaque et sont pour la première fois parvenus à élever le rythme de leurs offensives. Des promesses, qui devront être confirmées face à Exeter pour triompher et garder ainsi intacts, les espoirs de qualification européenne. Et aussi, afin d’être prêt à relever des défis extrêmes lors d’un mois de novembre mortel (réceptions de Clermont et de Toulouse, puis déplacements au Racing92 et à La Rochelle).

Montpellier n’a plus le choix : il doit vite élever son niveau de jeu pour passer sans encombre ce tournant des ambitions, dont Aaron Cruden manquera au minimum les deux premiers rendez-vous. Vern Cotter, qui peut encore sortir de son chapeau une surprise du chef, devrait donc titulariser dimanche, Thomas Darmon ou François Steyn à l’ouverture, accompagné de Benoît Paillaugue à la mêlée. Dans l’espoir de trouver la meilleure solution en dix pour les prochaines échéances.

Julien Louis

Jesse Mogg et Ruan Pienaar (Montpellier) à la fête

Jesse Mogg et Ruan Pienaar (Montpellier) à la fêteGetty Images

http://www.rugbyrama.fr/rugby/champions-cup/2017-2018/mhr-prive-de-cruden-cotter-doit-se-creuser-la-tete-pour-trouver-son-dix_sto6371290/story.shtml

0 Comments

Leave a Comment

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password