Andoni Zubizarreta a ses petites habitudes à Bilbao, et se rend immuablement à son  QG. « Dès qu’il le peut, il vient au restaurant! Quand il arrivait de Barcelone ou d’ailleurs, ou même quand il est devenu international: sa première visite à Bilbao c’est ici, chez Béné, pour me dire bonjour ». Patron du restaurant « Indusi », Béné est devenu au fil du temps un proche de l’actuel directeur sportif de l’OM.

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« Il aime manger un sauté de légumes frits, il adore! Et il raffole de notre merlu en sauce avec palourdes. C’est comme mon meilleur ami, Andoni », confie Béné à RMC Sport. Un meilleur ami qui a illuminé pendant cinq saisons (entre 1981 et 1986) les soirées du stade San Mamès sous les couleurs de l’Ahletic, son club de cœur, par ses parades dans les buts. « Je connais beaucoup de personnes et moi le premier qui n’oublieront jamais Andoni. Je vais vous raconter: quand il est parti de l’Athletic, il ne voulait pas, il a quitté le club en pleurant. C’est l’un des joueurs les plus importants que le stade San Mamès a connu! L’année de son départ, il était libre. Il aurait pu être transférer gratuitement. Mais le club avait besoin d’argent et Andoni a demandé 80 millions de pesetas (500 000 euros) pour le club, c’est un grand monsieur ».

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« Il est né pour être gardien de but »

Avec cet argent, l’Athletic a notamment pu financer des bâtiments administratifs. Un investissement réalisé juste après de belles heures de gloire du club de Bilbao, sacré champion d’Espagne en 1983 et 1984, et vainqueur de la Coupe du Roi cette année-là. Coéquipier de Zubizarreta à cette époque, Patxi Bolanos est lui aussi resté proche de l’ancien gardien, et dresse le portrait d’un joueur taiseux mais rassurant. « Il parlait très peu. Ce n’est pas de la timidité mais juste quelqu’un de posé. Et sur le terrain, avec lui, tout semblait facile! C’était comme notre légendaire gardien Iribar, mais en plus jeune. Il ne relâchait jamais le ballon. Il le bloquait. Dans les airs, on savait que le ballon était pour lui. » Des qualités qui ont illuminé le public basque et surtout son entraîneur Javier Clemente, lors d’un match de gala mémorable contre la sélection anglaise, en 1981.

José Angel Iribar, légende de l’Athletic, vainqueur de l’Euro 1964 avec l’Espagne, a façonné le jeune Zubizarreta, dont il était le modèle. « J’étais dans mon village en train de regarder une vitrine d’un magasin de chaussures. Andoni avait 9, 10 ans. Il était avec son papa. Il est resté longtemps en train de me regarder. Et son père s’est lancé pour me dire: voici mon fils, il aimerait avoir un autographe. Je lui ai dit: alors tu aimes le foot? Il m’a répondu qu’il aimerait être gardien comme moi. Et neuf ans plus tard, ça a été une grande surprise quand on s’est remémoré cela alors qu’il venait de signer à l’Athletic », rejoue Iribar au micro de RMC. Le célèbre gardien va alors devenir l’entraîneur de Zubizarreta, et se montre impressionné par ses qualités. « Malgré ses 18 ans, c’était déjà un homme qui savait où il voulait aller. Il transmettait cette sérénité lors des entraînements ou des matchs. Tout de suite, il nous a inspiré beaucoup de confiance. On s’est vit dit: lui il est né pour être gardien de but. »

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Bolanos: « Il ne méritait pas une telle fin avec l’équipe d’Espagne »

Des performances qui ont alors ouvert à Zubizarreta les portes du FC Barcelone, et de la sélection espagnole. Où l’aventure internationale ne s’est pas vraiment achevée comme le directeur sportif de l’OM l’aurait imaginée. « J’ai pleuré deux fois à cause du football », poursuit Bolanos, les yeux un peu humides. « La première quand on a été champion avec Andoni. Un match à Las Palmas, pendant que le Real Madrid perdait à la dernière journée de championnat. La deuxième, j’étais spectateur pour le dernier match d’Andoni avec la sélection espagnole. Je n’oublierai jamais cette image où il est au sol car il vient de se mettre un but contre son camp. J’ai eu une immense tristesse car il ne méritait pas une telle fin… C’est quelque chose qui me fait mal encore aujourd’hui. »

Mais Zubizarreta maîtrise l’art du rebond. Après sa carrière, l’Espagnol se reconvertit avec succès au poste de directeur sportif. Et débute naturellement dans son ancien club de l’Athletic. De 2001 à 2004, avant de nouveau de filer au FC Barcelone en 2010 pour un poste similaire. Marseille est donc la première expérience à l’étranger du natif du pays basque, où réside encore toute sa famille. Avec, dans le viseur, un retour en quarts de finale de la Ligue Europa, un palier qui fuit l’OM depuis 2009. Pour cela, il faudra écarter Bilbao après la victoire de l’aller (3-1). Un plan pas vraiment du goût de Bolanos, malgré leur amitié. « Je veux qu’il ait du succès avec l’OM mais j’aimerais que l’Athletic se qualifie. On règlera ça autour d’une bière, et que le meilleur elle gagne! ».

http://rmcsport.bfmtv.com/football/om-sur-les-traces-de-zubizarreta-a-bilbao-1396371.html

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