Guy Novès, que serait pour vous une tournée réussie avec ces rencontres contre la Nouvelle-Zélande (les 11 et 14 novembre), l’Afrique du Sud (le 18) et le Japon (le 25) ?

Ça serait de répondre à l’attente de ceux qui nous aiment et de nos supporters. Ça serait de repartir avec le plaisir du devoir accompli. Ça serait d’accrocher ou battre les meilleures nations du monde que sont la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et faire un grand match contre le Japon. Ça serait conforter nos idées et conforter le projet de jeu. Laisser une trace importante pour retrouver ces joueurs avec la tête bien garnie, notamment pour le Tournoi cet hiver. On veut essayer de bâtir petit à petit.

En juin dernier après les trois défaites en Afrique du Sud, vous aviez déclaré que cette tournée de novembre serait aussi périlleuse qu’essentielle pour le XV de France…

Quand on joue pour l’équipe de France, c’est toujours essentiel et périlleux. On va affronter les meilleurs du monde. Les joueurs vont être hyper motivés. Nous le sommes. Nous, avons énormément travaillé avec l’ensemble du staff. On va donner le meilleur. Les joueurs vont donner le meilleur. Nous n’avons plus besoin de trop réfléchir, il faut être à fond dans le projet. On aimerait déjà se rapprocher de l’investissement que nous avions mis l’année passée, à la même période, contre la Nouvelle-Zélande, l’Australie et les Samoa. Si derrière, il y a des résultats, c’est merveilleux. Mais c’est vrai que c’est surtout le contenu qui m’intéresse.

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On vous avait senti abattu après la tournée en Afrique du Sud. Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

J’ai passé ma vie à faire de la compétition, donc les périodes d’abattement ont été suffisamment nombreuses. J’ai toujours réagi. Je me suis toujours donné les moyens et j’ai toujours donné les moyens aux différents staffs avec lesquels j’ai pu partager ces moments- là et aux équipes que j’ai eu la chance de coacher. Je leur ai toujours donné les moyens de rebondir pour être encore meilleur. C’est la vie de tous les jours. On tombe, on se relève et notamment quand on est sportifs. On essaie de gagner le plus souvent possible, mais quand on perd on est abattu. En Afrique du Sud, nous n’avions pas eu ce que nous attendions de l’équipe de France. On espère retrouver une équipe de France telle que nous l’avions connue en novembre de l’année dernière.

Pour ces quatre matchs à venir, vous avez décidé de vous appuyer plusieurs jeunes qui brillent dans le Top 14. Pourquoi ?

C’était le moment. On a fait une évaluation pendant deux ans de l’ensemble du rugby. Certains jeunes se sont mis à jouer et à progresser. Et ils ont gagné leurs places en club. Pour le moment, on voit qu’ils peuvent briller dans le championnat de France. Maintenant, pour m’en être occupé pendant énormément d’années, je peux vous dire qu’il y a un énorme écart entre le championnat de France et le niveau international. Est-ce que ces jeunes gens, comme Antoine Dupont ou Anthony Belleau notamment, ont le talent pour briller au niveau international ? On le saura dans quelques semaines.

Qui de Belleau ou Trinh-Duc sera votre ouvreur titulaire le 11 novembre ?

Ce sont deux joueurs qui évoluent dans le même club. Un coup, c’est l’un qui joue. Un coup, c’est l’autre. J’ai eu une discussion extrêmement importante avec Fabien (Galthié) durant de longues minutes. On verra dans le cours de la semaine ou d’ici la fin de la semaine lequel des deux débutera. Pour moi, les deux ont un rôle très important dans notre équipe. Je rappelle que nous devons jouer deux matchs contre la Nouvelle-Zélande, un samedi et l’autre mardi. On peut imaginer que les deux joueront. 

En revanche, certains cadres ne figurent pas dans la première liste. On pense notamment à Yoann Maestri, retenu pour le deuxième match, ou encore à Uini Atonio, écarté. Est-ce aussi pour leur botter les fesses après les contre-performances de l’été et une mauvaise préparation ?

On n’est pas là pour botter les fesses de ces joueurs-là. D’abord, ils sont trop solides. Ça pourrait nous revenir comme un boomerang (Sourire). Yoann Maestri, je le connais par cœur et il me connait par cœur. Il sait très bien qu’on compte sur lui pour l’avenir. On a une discussion très sincère avec lui concernant le fait qu’il se retrouve dans la liste de 14 joueurs (pour le deuxième match). Pour Uini Atonio, il sait très bien les efforts qu’il doit faire pour venir nous rejoindre. On attend de lui une forme de réaction par rapport à une certaine préparation qui est la sienne. Si jamais il a envie de revenir en équipe de France, lui seul est capable de faire ces efforts-là. Nous, on ne peut pas les faire à sa place. 

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Mathieu Bastareaud, dont la dernière sélection remonte à la Coupe du monde 2015, est bien là. A-t-il beaucoup changé ces derniers mois pour que vous le rappeliez ?

Il n’a pas beaucoup changé, il n’a pas été transformé. C’est un garçon bien dans sa tête. Il ne gamberge pas. On sent qu’il a fait des efforts et qu’il est performant dans son registre à lui. C’est un joueur différent de Damian Penaud, ce sont deux joueurs opposés. Chacun est performant dans son registre. Mathieu est désormais capitaine de Toulon. Je sais que Fabien (Galthié) en est très content. Il a un comportement exemplaire. D’une certaine manière, il a progressé un petit peu dans des domaines qu’on lui avait demandé d’améliorer. Après tout, on a décidé de prendre des joueurs performants mentalement. Il l’est avec son club. On l’a pris dans les 31. Maintenant la suite, vous verrez.

Le second match contre les Blacks à Lyon fait beaucoup parler. N’est-ce pas un cadeau empoisonné pour les joueurs et pour le staff ?

Cela dépend qui nous fait ce cadeau… Si c’est un cadeau empoisonné, il faudra demander pourquoi à ceux qui nous l’ont fait. (Sourire) On essaie d’y voir le côté intéressant avec 45 joueurs à notre disposition et leur permettre d’être sur le terrain. Evidemment, il y a une gymnastique à mettre en place pour ces deux matchs en ce qui concerne le staff, la préparation du deuxième match, le débriefing du premier mais aussi préparer l’Afrique du Sud. Cette année, on est gâté… Des joueurs se blessent, d’autres sont suspendus et nous avons ces trois matchs en huit jours ! On ne peut pas dire qu’un sélectionneur ait déjà eu des conditions aussi sympathiques que les nôtres aujourd’hui. Mais nous avons choisi d’être là et de nous battre pour l’équipe de France.

Jacques Brunel, le manager de l’UBB, disait même récemment que ça ne rimait à rien…

Cela reflète son expérience et il connait les difficultés de milieu. Sur le plan sportif, c’est très compliqué. Mais on ne peut passer notre temps à regarder le côté négatif. J’essaie de chercher les éléments positifs : c’est-à-dire que tous les joueurs vont pouvoir jouer.

Malgré tout, serez-vous plus tolérants avec les joueurs ?

Non, il n’y aura pas de tolérance à avoir. On aura un comportement naturel. Comme lors du premier test, les joueurs joueront leur tête pour la suite de leur carrière internationale. On préparera ensuite l’Afrique du Sud et le Japon. On fera alors le bilan de la tournée et on écoutera les sirènes.

Pourquoi les sirènes ?

(Sourire) On écoutera les gens s’exprimer avec toutes leurs qualités et leurs compétences.

Jamais un staff n’avait eu à préparer trois matchs internationaux aussi rapprochés lors d’une tournée moderne…

En observant l’équipe de France depuis de nombreuses années, effectivement je n’ai jamais vu une équipe de France devoir jouer autant de matchs aussi rapprochés. Mais peut-être qu’ils auraient bien aimé jouer des matchs rapprochés pour justement voir le niveau de l’ensemble de leurs joueurs. Quand la Fédération a conclue des matchs aussi importants, on m’a effectivement demande ce que je pensais. J’ai dit ce que j’en pensais sportivement, le reste ne me regarde pas.

http://rmcsport.bfmtv.com/rugby/noves-cette-annee-on-est-gates-1291334.html

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