Dans quelques semaines, l’ATP dévoilera comme chaque fin de saison ses trophées pour la campagne écoulée. Parmi eux, celui de « joueur de l’année ». Dans l’immense majorité des cas, le lauréat n’est autre que le numéro un mondial à l’issue de la saison, ce qui relève d’une forme de logique. Mais peut-on être l’homme de l’année sans la boucler tout en haut de la hiérarchie ? Dans l’absolu, oui. Le classement ATP répond à une pure formule mathématique, le choix du joueur de l’année sur des considérations subjectives. Elles peuvent diverger, de temps à autre.

Prenons un cas de figure poussé presque à l’absurde : si un joueur remporte une bonne douzaine de titres dans l’année dont quelques Masters 1000 mais s’incline quatre fois en première semaine en Grand Chelem, il pourrait très bien terminer devant un joueur ayant réalisé le Petit Chelem qui aurait obtenu peu de résultats significatifs en dehors des Majeurs. Le second serait pourtant désigné joueur de l’année à coup sûr, tant la prégnance du Grand Chelem est importante.

L’exemple Connors – Borg

Bien sûr, dans l’immense majorité des cas, il y a convergence entre le numéro un de fin d’année et l’homme de la saison. Depuis plus d’un quart de siècle, c’est même du 100%. Il faut remonter à l’année 1989 pour trouver une distinction entre ces deux « titres ». Ivan Lendl avait fini en tête du classement mais Boris Becker avait été désigné joueur de la saison. A la fin des années 70, c’était même presque une coutume : Jimmy Connors, sur le trône à la fin de quatre campagnes consécutives de 1975 à 1978, n’avait jamais été nommé homme de l’année ! Cet honneur était revenu une fois à Arthur Ashe (75) et trois fois à Björn Borg (de 76 à 78). Les mathématiques n’ont pas toujours raison.

Le cas qui nous occupe, celui de la saison en cours, est intéressant dans la mesure où deux joueurs se sont partagés la quasi-totalité des principaux titres. Sur les 12 tournois majeurs de l’année (quatre en Grand Chelem, huit en Masters 1000), Rafael Nadal et Roger Federer en ont remporté neuf à eux deux, ne laissant que trois M1000 en route, deux pour Alexander Zverev, un pour Grigor Dimitrov. En 2017, il y a donc eux et le reste du monde. Alors, à ce jour, qui de l’Espagnol ou du Suisse a l’avantage pour être considéré comme LE joueur de la cuvée 2017 ?

Rafael Nadal, prince de Monte-Carlo

Rafael Nadal, prince de Monte-CarloGetty Images

Les confrontations directes comme arbitre ?

Pourtant, si on compare sa saison et celle de Federer, il n’est pas inepte de juger que celle du Suisse est plus phénoménale encore d’un point de vue qualitatif, même si nous sommes là dans l’épaisseur du trait. Les deux hommes comptent six titres chacun : deux majeurs, deux Masters 1000, deux 500 pour Nadal, deux majeurs, trois Masters 1000 et un 500 pour Federer.

Et puis, il y a surtout ce 4-0 en faveur du Bâlois dans les confrontations directes qui, forcément, pèse lourd. D’autant qu’il y a là trois finales. Si Nadal en avait gagné une ou deux, la donne serait différente. Là… Bien sûr, on peut toujours arguer que si Federer avait joué sur terre battue, et si les deux hommes s’étaient croisés sur la surface fétiche de l’homme de Manacor, leur bilan commun serait très probablement différent. Mais ça, ce sont des « si ». Les faits, eux, disent que Federer a battu Nadal quatre fois en quatre matches, dont trois finales, dont trois victoires à plates coutures.

Si la saison s’arrêtait aujourd’hui, il n’y aurait donc rien de scandaleux à considérer Federer comme le joueur numéro un de l’année, et Nadal, disons, le numéro un bis. Sa campagne personnelle est trop exceptionnelle pour le désigner numéro 2. Mais la saison n’est pas finie. Avec un Masters 1000 et, plus encore, le Masters de Londres, il reste du beau linge à tendre. Il est probable d’ailleurs que le rendez-vous de l’O² Arena s’avère comme le juge de paix idéal. Si l’un des deux monstres soulève le trophée dans ce qui est considéré généralement comme le cinquième plus grand tournoi de l’année, le débat sera plus aisé à trancher. Une sorte de super tie-break, en quelque sorte.

Et si cela pouvait se régler sur une toute dernière finale entre ces messieurs, ce ne serait sans doute pas le pire des scénarios pour clôturer ce qui restera, quoi qu’il arrive, pour l’un comme pour l’autre, comme une année de rêve.

Rafael Nadal et Roger Federer

Rafael Nadal et Roger FedererGetty Images

http://www.eurosport.fr/tennis/nadal-numero-un.-mais-federer-homme-de-l-annee_sto6368871/story.shtml

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