Guilhem Guirado et ses partenaires sont attendus au tournant, samedi à Saint-Denis, contre une équipe sud-africaine pourtant surclassée en Irlande (38-3) le week-end dernier. Les cadres, dont Louis Picamoles ou Jefferson Poirot, devront montrer qu’ils sont encore indiscutables. Et pour le staff, l’examen de passage sera tout aussi capital. La pression est considérable. Malgré tout, si on se fie aux déclarations récurrentes de Bernard Laporte, il est acquis que Guy Novès ne jouera pas son avenir sur ce match. Le président de la FFR l’a encore rappelé, jeudi, sur RMC: « Je l’ai dit vingt fois, je vais le répéter une 21eme fois, Guy Novès sera là jusqu’en 2019. » Au début du stage, Bernard Laporte avait d’ailleurs déjà pris la parole devant les joueurs pour tenir le même message. « Tout le monde sera là au Japon », avait-il lancé en substance. Même les adjoints Yannick Bru et Jeff Dubois?

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En cas de nouvelle désillusion, seraient-ils menacés? Selon nos informations, ce n’est pas d’actualité. En coulisses, Bernard Laporte répèterait « qu’ils trouveraient des solutions ensemble » mais qu’il n’est pas question de « virer » quelqu’un. L’ancien secrétaire d’Etat aurait même appelé le sélectionneur vendredi matin pour le rassurer. Evoquée par nos confrères de L’Equipe vendredi, la possible arrivée de l’Anglais Clive Woodward comme manager des Bleus ne serait d’ailleurs pas à l’étude. Car il présente un double défaut: ne pas être français et ne pas avoir entraîné depuis plus de dix ans… « Si Clive (Woodward) connaît mieux la problématique du rugby français que Guy Novès, sincèrement, on veut nous faire passer pour des cons », lançait en 2015 Laporte, alors manager du RCT. Ce qui est certain, c’est que les défaites s’enchaînent quasiment de match en match. Depuis sa prise de fonction en 2012, dans le staff de Philippe Saint-André puis dans celui de Guy Novès, Yannick Bru aura dû s’habituer au goût de la défaite. En cinq ans, l’entraîneur des avants tourne à seulement 43% de victoire. « Si j’avais voulu flatter mon égo, je serais reparti entraîner en Top 14 en 2016, avouait Bru vendredi matin à Marcoussis. Quand j’entraînais à Toulouse, j’avais beaucoup plus de victoires, de joie et de satisfaction personnelle en termes d’égo. La vie est faite de challenges et il faut savoir s’élever et se mettre en danger. »

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Des statistiques cruelles 

Guy Novès ne dirait sans doute pas autre chose. Depuis son premier match en tant que sélectionneur contre l’Italie en 2016, l’ancien homme fort du Stade Toulousain n’a remporté que sept de ses dix-huit rencontres officielles (sans compter donc le revers de mardi à Lyon). Soit le pire bilan pour un sélectionneur. Et ce n’est pas la périlleuse tournée en Nouvelle-Zélande, en juin prochain, qui devrait améliorer ces statistiques. A titre de comparaison, Philippe Saint-André faisait figure de meilleur élève avec 45% de succès (18 victoires, 2 nuls et 20 défaites). Loin déjà des standards de leurs prédécesseurs. Marc Lièvremont avait achevé son mandat par une finale de Coupe du monde 2011 et un bon bilan comptable: 65% de victoire (26 contre 14). Bernard Laporte, avant lui, avait également brillé, durant huit ans, avec 64 % (61 victoires, 1 nul et 33 défaites).

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Ce même Bernard Laporte, désormais président de la FFR, avait fixé dans la presse un objectif de trois victoires en quatre matchs sur cette tournée d’automne. Ambitieux mais a priori sans conséquence sur l’avenir du sélectionneur. Réponse amusée de Guy Novès, jeudi, à mi-parcours: « On va essayer sur les deux derniers matchs de gagner trois matchs? Cette question me fait toujours rire. Elle revient régulièrement et c’est marrant! Il vous faudra la poser à lui la question (à Bernard Laporte) et arrêter de me la poser. On vient de jouer deux fois les All Blacks qui sont les meilleurs joueurs du monde, si vous ne l’avez pas encore compris… Après, je sais faire des additions, 1+1 ça fait 2 donc une défaite plus 1 ça fait 2 et il ne reste que 2 matchs. Pour gagner 3 matchs alors qu’il n’en reste que 2, ça va être compliqué… » Avec deux victoires, contre l’Afrique du Sud et le Japon, le bilan aurait le mérite d’être équilibré. « Gagner samedi, prévient Guilhem Guirado, cela redonnerait un peu de lueur d’espoir à tout le monde et surtout à nous. » Aussi bien aux joueurs qu’à l’ensemble du staff.

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