Il a fallu qu’il traverse l’Atlantique pour retrouver le sourire. Et le plaisir de fouler une pelouse. Après un exil manqué au Rubin Kazan, et deux prêts à peine plus réussis à Reims et Troyes, Chris Mavinga a décidé, en janvier dernier, de tenter sa chance à Toronto. Au sud du Canada. Dans une ville, un pays et une ligue, la MLS, dont il ne connaissait quasiment rien. Un exil motivé par une promesse: celle de retrouver sa position préférée. « Depuis que je suis passé pro, on m’a toujours connu en tant que latéral gauche, mais mon vrai poste, c’est défenseur central, explique l’expatrié de 26 ans à RMC Sport. Je n’avais jamais joué latéral avant d’arriver en pro. Je manque de repères dans ce rôle et ça m’a limité dans mes performances. J’en avais marre d’être dans cette situation. »

« On jouerait le Top 10 en Ligue 1 »

Hasard du marché, Toronto cherche en début d’année un défenseur central pour évoluer axe gauche. Jérôme Meary, chargé de recruter des joueurs en Europe pour la Major League Soccer, joue l’intermédiaire auprès de l’agent de Mavinga, qui a été libéré de son contrat par Kazan. Et l’ancien Rennais débarque en Ontario. Une terre inconnue dans laquelle laquelle il trouve rapidement ses marques, aiguillé par Benoit Cheyrou, l’autre Français de l’effectif. Au point de s’imposer parmi les valeurs sûres du championnat. « Je me sens épanoui, je m’éclate, savoure l’international congolais. Il y a de la qualité ici. En Ligue 1, on jouerait clairement le Top 10. On a un effectif cohérent avec du talent. Giovinco pourrait jouer dans les meilleurs clubs français, comme Altidore, Bradley ou Vazquez. On pourrait bien figurer. »

30 000 supporters à chaque match

En attendant, les Reds se baladent en MLS. Et s’apprêtent à disputer une deuxième finale consécutive face à Seattle (ce samedi à 22h, heure française). De quoi ravir les fans locaux. « Le club a 11 onze ans d’existence et il arrive à attirer 30 000 personnes au stade à chaque match, témoigne Mavinga. Je ne m’attendais pas à ça. Dès fois, il fait 0 degré et le public répond quand même présent. Ce n’est pas le cas dans tous les stades de Ligue 1… »

Il faut dire que le soccer est en train de prendre une autre dimension en Amérique du Nord. Depuis l’arrivée de David Beckham à Los Angeles, il y a dix ans, l’engouement ne cesse de croître. « Je sens clairement l’évolution, assure le champion d’Europe U19 avec l’équipe de France (2010). Aujourd’hui, il y a beaucoup de joueurs en Europe qui veulent venir, et pas forcément des mecs en fin de carrière. Les clubs de MLS misent sur des jeunes et moins sur des stars en fin de cycle. Pour moi, c’est l’avenir et ça va encore progresser. »

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« On fait parfois 7h de vol pour un déplacement »

Pourtant, il y aussi quelques contraintes. Les salaires, par exemple, ne sont pas comparables à l’Europe, à moins d’être l’une des trois stars de son équipe. Ce qui n’est pas le cas de Mavinga, qui gagne donc moins de 382 000 euros par an (le plafond fixé par le salary cap). Les joueurs doivent également s’habituer aux longs déplacements, parfois à l’autre bout des Etats-Unis. « C’est très difficile, reconnait le natif de Meaux (Seine-et-Marne). On a jusqu’à 7 heures de vol pour aller jouer sur la Côte Ouest, avec le décalage horaire et les temps d’attente à l’aéroport. En même temps, ça permet de découvrir les grandes villes US comme Los Angeles, Dallas ou Orlando. »

« Les frites avec du fromage fondu, c’est hyper gras »

Entouré de sa femme et de sa fille Lylla, née en février, Mavinga passe la plupart de son temps libre au sein du cocon familial. Il a tout de même pris le temps d’aller voir les Chutes du Niagara et de s’offrir une virée à New York, accessible en une heure d’avion. Sans oublier les matchs des Raptors en NBA, détenus par les mêmes propriétaires que le Toronto FC. En revanche, il goûte peu à la cuisine locale.

« J’ai dû mal avec le self du club, admet-il. Je n’y mange pas parce que je trouve qu’ils mettent beaucoup trop de sauce. Moi, je suis plutôt pâtes natures et ici, ce n’est pas trop leur truc. La plupart du temps, c’est ma femme qui me fait à manger à la maison. Après, je connais de bons restos français ou italiens. Mais je ne suis pas très fan de la nourriture nord-américaine. Les burgers et les frites avec du fromage fondu, c’est hyper gras, donc je reste dans le classique européen. »

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« Drake est un mec très accessible »

Au restaurant, il lui arrive de croiser Drake, la star du R&B. En toute simplicité. « C’est un mec très accessible. Il est chez lui ici, dans sa ville. Il va où il veut, sans garde du corps. Il va manger dans les mêmes endroits que tout le monde. Les gens sont plus tranquilles au Canada. Même si tu es connu, ils ne viennent pas forcément te voir pour un autographe ou une photo. »

Concernant le thermomètre, qui peut descendre très bas en hiver, tout est prévu pour que les footballeurs n’en souffrent pas. « Le vrai froid, c’est pendant les périodes où il n’y a pas de matchs, précise celui qui a fait partie de la fameuse virée nocturne des Espoirs français en 2012. A ce moment-là, on a un terrain couvert et chauffé sur lequel on s’entraîne. C’est très bien organisé. En janvier, on part faire des stages dans des endroits chauds, en Californie, en Floride ou au Mexique. »

« J’ai envie de revenir en Europe »

Malgré tous ces aspects positifs et même s’il s’est parfaitement adapté à la vie canadienne, Mavinga ne compte pas s’y éterniser pour autant: « J’ai envie de prouver et de connaître le meilleur niveau possible. Je sais de quoi je suis capable. A court terme, j’ai envie de revenir en Europe et montrer toutes mes qualités à mon vrai poste. » Avec un titre dans les bagages, si possible.

http://rmcsport.bfmtv.com/football/la-mls-le-froid-drake-mavinga-nous-raconte-sa-vie-a-toronto-1322133.html

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