Râleur en chef sur le tatami, Loïc Korval a accepté sans broncher sa défaite contre Benjamin Axus (AJA Paris XX) samedi à Montbéliard. Le Picard n’a pourtant rien perdu du feu qui l’habite lorsqu’il combat. Il prend avec le sourire cette médaille d’argent qui vient terminer six mois de galère et commencer sa nouvelle quête de sommets : « Le plus important, c’était de pouvoir revenir sur les tatamis après ce passage compliqué de ma vie. Le point crucial, c’était de savoir si j’avais vraiment envie. Je doutais de ma volonté. Est-ce que je voulais vraiment me replonger là-dedans ? Lorsqu’au premier combat j’ai entendu le speaker dire mon nom, j’ai senti le  « boom boom ». Cette médaille, c’est le souvenir de ça. J’ai toujours envie. »

Le médaillé mondial 2010 avoue qu’il a hésité à s’aligner jusqu’au dernier moment. Jusqu’à la pesée vendredi soir. En avril, il était le numéro un français des moins de 66 kilos. Celui destiné à porter le coq sur le judogi à Rio de Janeiro. Mais l’Agence française de lutte contre le dopage lui a rappelé qu’il n’avait pas complètement purgé une suspension pour trois no-shows.  Il s’écarte et plonge. « Quand on est dans un désespoir total, votre réputation salie, votre rêve brisé, il y a des pensées sombres qui arrivent dans nos têtes, envers soit et les autres », témoigne-t-il avec sa breloque autour du cou.

Une perte de 180 000 euros

Pour tenir, il s’est souvenu de ses exercices avec l’élite des forces d’intervention française. Destinées à calmer ses sautes d’humeur envers l’arbitrage, ces mises en situation lui ont appris à retenir le positif, voir le bout du tunnel et « à respirer ». Sa suspension s’est terminée le 2 novembre. Ces longues semaines d’interdiction de compétition ont été source d’angoisse jusqu’à la délivrance. « Jusqu’au 2 novembre, j’avais très peur. Je me suis dit qu’ils (AFLD) essayeraient de trouver une manière de prolonger ma sanction. Après cette date, j’étais complètement libéré, surexcité, prêt à déclencher un flot de haine malsaine (sic), excité de combattre à nouveau. »  

Ses déboires juridiques et les différentes pertes de sponsor ont raccourci ses arrières de 180 000 euros. Korval affirme avoir du mal à joindre les deux bouts. Il loue son appartement dans le Val-de-Marne pour s’en tirer. Mardi matin, l’AFLD vient à son domicile mais le judoka n’est pas là. Après un appel, Korval débarque 15 minutes plus tard et explique qu’il ne peut pas rentrer chez lui car les locataires y sont. Le contrôle ne peut pas avoir lieu. Défaut de localisation. Le champion d’Europe 2014 s’estime ciblé, contrôlé plus que les autres. La nuit, il se réveille à vers 5h30 par peur des contrôles. Rasséréné par son retour à la compétition mais lassé, il envisage de s’installer en Allemagne, le pays de sa compagne. A peine revenu, presque reparti.

http://rmcsport.bfmtv.com/judo/judo-les-pensees-sombres-de-loic-korval-1058915.html

0 Comments

Leave a Comment

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password