Bernard Laporte, dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours de l’ouverture du XV de France ? Ressentez-vous une certaine excitation ?

Il y a toujours un peu d’excitation même s’il y en a un peu moins en tant que président de la Fédération que sélectionneur ou manager. Notre grande équipe de France va jouer une tournée très intéressante avec des matchs contre la Nouvelle-Zélande à deux reprises, l’Afrique du Sud et le Japon. Cela vient après une tournée difficile en Afrique du Sud. On attend une véritable rébellion de notre équipe de France. Il faut tirer les conclusions d’un Tournoi pas hyper-satisfaisant et d’une tournée qui ne l’était pas du tout. C’est pour ça que le sélectionneur Guy Novès et ses adjoints ont à cœur de retrouver une équipe de France qui gagne. Ce sera peut-être avec de nouveaux joueurs. Je dis bien peut-être. Je suis comme vous, j’attends la liste mais ce qui est sûr c’est qu’on attend que l’équipe de France retrouve la victoire.

En Afrique du Sud, vous aviez effectué un rapide déplacement pour rencontrer le groupe. Avez-vous le sentiment que votre message était passé et suivi d’effets?

Oui, j’y étais aussi allé car certains joueurs étaient arrivés du retard. C’est inadmissible quand on joue pour l’équipe de France. On ne peut pas arriver en retard. Cela m’avait profondément agacé. Après la déroute du premier test, je m’étais dit qu’il fallait qu’ils sentent que je n’étais pas content de ce qu’il s’était passé, en dehors du match qui est l’affaire du sélectionneur et de ses adjoints. Je voulais leur dire que l’équipe de France appartient à ceux qui ont envie d’y venir. Ceux qui ne voulaient pas pouvaient rester chez eux. On attend beaucoup d’enthousiasme et beaucoup d’envie aujourd’hui.

Est-ce d’autant plus important de rajeunir le groupe et d’insuffler du sang neuf?

C’est l’affaire du sélectionneur, pas du président. Mais quand on prend trois déroutes en Afrique du Sud en juin, il faut en tirer les conséquences. Soit c’est le travail que l’on fait soit ce sont les joueurs qui ne sont pas bons. Mais on ne peut pas laisser passer ça de façon neutre. Comme vous, j’attends la composition du groupe et je ne la jugerai pas. Mais je pense que le sélectionneur et ses adjoints auront à cœur de voir de nouvelles têtes dans cette équipe de France qui doit retrouver le chemin de la victoire.

Vous en avez malgré tout discuté avec le sélectionneur…

Oui, j’ai fait part à Guy de mon sentiment. Mais chacun doit rester à sa place, à commencer par le président. C’est vrai que je suis passionné de rugby et je suis très heureux d’échanger avec eux. Je ne veux pas les influencer mais j’ai le droit d’exprimer ce que je pense. Ce sont eux qui décident et quoiqu’il arrive je serai derrière eux.

Vos relations semblent plus apaisées avec Guy Novès qu’au début de votre collaboration…

Oui, mais il n’y a vraiment aucun souci. J’entendais ici ou là « ils vont se fâcher et ils ne s’entendront pas » mais  dans ma tête c’était clair. Un président, ça préside et ça ne sélectionne pas. Je savais que ça fonctionnerait bien. J’ai plaisir à échanger avec eux. Je vis certainement aussi par procuration… (Rire).

Comment sentez-vous le sélectionneur ?

J’ai encore échangé avec lui en rentrant de Clermont-Ferrand. Je le sens décidé et motivé mais évidemment déçu après la blessure de Camille Lopez à qui on souhaite un prompt rétablissement. C’est d’abord un coup dur pour lui mais aussi pour l’équipe de France.

Et plus globalement, quel est la répartition des rôles entre vous, Serge Simon et Guy Novès pour le XV de France ?

C’est simple : je ne m’occupe de rien et je vais aux matchs ! (Rire) On a fait une réunion de quatre heures voilà quelques jours notamment sur la philosophie des Barbarians. Serge Simon est le manager des équipes de France et pas seulement de la grande équipe de France. Et il en reste le manager. Je prends plaisir à les côtoyer car la compétition me manque peut-être un petit peu. 

Vous insistez sur le fait que Serge Simon conserve ses prérogatives…

C’est un plaisir d’avoir Serge à ce poste-là. Et concernant son entente avec Guy Novès, elle est cordiale comme je l’ai vu lors de la récente réunion. Je n’ai pas senti de différentes ou de mauvaise entente. Nous sommes tous sur le même bateau avec la même volonté que l’équipe de France gagne. On est soudé et on ne fait pas le même métier.

Quels objectifs avez-vous fixé pour cette tournée?

J’ai dit qu’il fallait gagner trois matchs sur quatre. Si un président et un sélectionneur ne sont pas ambitieux, ce n’est pas la peine d’y aller. Je ne veux pas revivre ce que l’on a vécu en 2015. Tout allait bien pendant quatre ans, on se mentait. Et on a explosé en plein vol ! (ndlr : contre la Nouvelle-Zélande en quart de finale de la Coupe du monde). Je ne veux plus tout ça. Cette tournée sera importante d’enseignements mais ce sera avec le staff en place. Il n’est pas question de changer qui que ce soit. On est ensemble. A nous de trouver les bonnes solutions.

Le deuxième match contre les Blacks à Lyon, le 14 novembre, inquiète sur le papier. Cela pourrait-il compliqué de bien le préparer avec une équipe totalement différente du premier test ?

Non, je ne pense pas. Ce sera un honneur de jouer pour les All Blacks. Le stade sera plein à craquer. Ce sera un privilège et une chance pour les joueurs qui disputeront cette rencontre. Cela nous servira de laboratoire et de voir le potentiel français qui doit être d’une cinquantaine de joueurs. Le staff pourra ainsi effectuer la meilleure équipe pour affronter l’Afrique du Sud le 18 novembre.

Mais n’est-ce pas un risque pour les joueurs de se griller en disputant un tel match ?

Non, c’est du sport et faut tout relativiser. C’est une chance d’affronter la Nouvelle-Zélande. Vous avez tout à gagner et rien à perdre.

http://rmcsport.bfmtv.com/rugby/gagner-trois-matchs-sur-quatre-bernard-laporte-fixe-des-objectifs-eleves-pour-la-tournee-des-bleus-1284240.html

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