Jean-Baptiste Elissalde, comment se sont passés les premiers contacts avec Jacques Brunel ?

Ça a été bref. Je crois que son discours a été tout de suite motivant pour moi. C’est une personne que je connais et qui m’avait déjà parlé, quand j’étais son joueur ou quand je suis allé en visite à Bordeaux-Bègles pour mon travail personnel il y a quelques mois. C’est une personne que j’apprécie. Donc ça s’est fait de manière brève. Et intense.

A voir aussi >> Brunel :  « J’ai toujours écouté Bernard Laporte »

Avez-vous réfléchi longtemps ?

Non, pas trop. J’aime le rugby. Je m’étais d’ailleurs déjà engagé avec la Fédération pour les moins de 18 ans. Je pense qu’il est, à mon âge, plus simple, plus facile, d’être sur le terrain, proche des joueurs, de manière plus passionnée. Par amour pour le rugby, ça a été une réflexion assez rapide.

Des managers du Top 14 ont refusé d’aller avec le XV de France. Avez-vous eu des réticences ?

Je crois que ce ne sont pas des refus. Ce sont des positions très délicates, quand on est dans un club, d’autant plus manager avec un rôle très important. Laisser son club comme ça, en cours de saison, c’est assez compliqué. C’est une contrainte assez difficile à surmonter. Ce ne sont pas des refus. C’est plus de la complication qu’autre chose. Ne pas être le premier choix, je n’en doute pas, mais il n’y a pas de problème avec ça.

Et pas de réticences non plus quand on est proche du staff sortant de l’équipe de France ?

Non, pas de réticences. Je suis assez proche de Yannick (Bru) et je dois énormément à Guy (Novès), de m’avoir fait confiance toutes ces années à Toulouse. Mais les choses ont été claires. J’ai tenu à leur apporter mon soutien dans les moments durs. J’en ai vécu avec Toulouse et ce n’est pas facile. Et aussi à les prévenir que je ferai peut-être ce choix-là. C’est une marque de respect, une preuve de sympathie. Mais ça n’a pas été une réticence.

A voir aussi >> XV de France: « Je le vis très mal », confie Novès

Il n’y a rien de vexant à ne pas être forcément le premier choix ?

Non. J’ai l’habitude avec Jacques (Brunel) et Bernard (Laporte) de ne pas être le premier choix. Je crois qu’il y a dix ans, je n’étais pas leur premier choix non plus. Ça ne pose aucun problème. Ce sont des questions d’ego. A partir du moment où j’étais déjà présent à la Fédé, que j’avais envie de m’engager, je n’ai aucun problème avec le fait de ne pas être le premier choix, si c’est le cas.

C’est un nouveau challenge pour vous. Ça ne s’est pas bien terminé avec le Stade Toulousain…

Ça s’est terminé. Pas bien, oui, évidemment. Je n’avais rien prévu. Plutôt que de toujours parler de la formation, etc., je pensais juste aller donner un coup de main à la Fédé chez les jeunes. J’y ai pris beaucoup de plaisir d’ailleurs pendant trois mois. On a mis des choses en place. Du coup, c’est plutôt une opportunité. Ce sont des choses, dans ma position, en étant libre, qui ne se refusent pas. L’équipe de France, c’est le graal pour tout joueur, tout entraîneur. Donc ça a été vite réfléchi.

Le chantier semble immense pour les Bleus…

Oui, bien sûr. Ça fait quelque temps, pas que les deux dernières années mais presque six ans, que l’équipe de France est en difficulté. Bien évidemment que la tâche sera dure. Mais il n’y a pas de tâche facile quand on a des métiers comme les nôtres. On va faire avec. Je vais attendre les directives de Jacques (Brunel).

Le contexte est aussi difficile…

Oui, oui… Moi, je suis là pour m’occuper du terrain. L’aspect politique, je vais le laisser de côté et me concentrer uniquement sur mes prérogatives.

Que peut-on attendre de votre rôle ?

Pour ce qui est du jeu, on va essayer d’être le plus intelligent possible et coller à notre culture, notre identité. On va aussi se servir du travail qu’ont fait les gens qui sont passés avant nous, parce qu’il y a eu plutôt de bonnes choses de faites.

Ça veut dire quoi, coller à notre culture ?

Déjà, savoir l’identifier. Et essayer de la transmettre à notre équipe.

Va-t-il y avoir de nouveaux visages ?

C’est un peu tôt pour y répondre. Il faut qu’on discute avec tous les acteurs du Top 14, notamment les entraîneurs. J’ai envie de dire que, peu importe les joueurs qui seront sur le terrain, qu’ils essayent de donner le meilleur d’eux-mêmes, comme nous au quotidien.

Jacques Brunel veut être conquérant au Tournoi des VI Nations. C’est possible ?

Bien sûr que c’est possible. Heureusement qu’on y croit. Je me suis engagé parce que j’y crois aussi. C’est d’ailleurs une des facettes de son discours qui m’a plu. Il y a des tâches plus difficiles que les autres évidemment. Elle est compliquée parce qu’il y a des gros morceaux dans ce Tournoi et des équipes qui progressent énormément. A nous d’essayer de nous mettre au moins au niveau de ces nations-là.

On est à un mois de France-Irlande. Vous allez travailler dans l’urgence…

Oui, c’est toujours compliqué de travailler avec peu de temps et sans les joueurs à disposition. Mais on ne part pas non plus d’une feuille blanche. Le premier grand travail, ça va être le caractère de l’équipe et les moments difficiles qu’on va certainement encore traverser. En espérant donner un peu plus de joie et de bonheur aux supporters du XV de France.

http://rmcsport.bfmtv.com/rugby/elissalde-aucun-probleme-avec-le-fait-de-ne-pas-etre-le-premier-choix-1344029.html

0 Comments

Leave a Comment

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password