Mark Alexander, dans quel état d’esprit êtes-vous après le rapport d’évaluation communiqué par World Rugby, mardi, qui place l’Afrique du Sud devant la France et l’Irlande?

Le rugby sud-africain est très honoré de ces recommandations pour la Coupe du monde 2023. Mais le processus n’est pas terminé. Nous sommes évidements satisfaits mais le vote a lieu le 15 novembre

Avez-vous été surpris par ces recommandations?

Non, pas du tout! (Il le répète trois fois) Nous avons des stades de classe mondiale, des installations de classe mondiale et des propositions financières très intéressantes. Nous pensons que ça peut être une triple victoire: une victoire pour le jeu, une victoire pour les fans qui pourraient connaitre une expérience incroyable en Afrique du Sud et une victoire pour les joueurs qui ne se déplaceront que très peu. La Coupe du monde, ce n’est pas qu’une question d’argent mais aussi de joueurs qui sont au cœur de l’événement.

Que représenterait une Coupe du monde pour votre pays, qui n’en a plus organisée depuis 1995?

C’est un événement très important pour notre pays et notre gouvernement. Cela aurait un impact majeur sur notre économie. Le tourisme occupe déjà une part importante de notre économie. Surtout, le rugby est un sport incroyable et la Coupe du monde est un fantastique événement. Ce sport rapproche les gens sur et en dehors du terrain, plus que n’importe quel autre sport.

En Europe, et en particulier en France, certains ont été surpris de vous voir en tête car beaucoup d’observateurs s’attendaient à un duel franco-irlandais…

Mais pourquoi ce serait une surprise? Ce n’est pas une surprise. Nous avons de merveilleuses installations et des nouveaux stades construits pour la Coupe du monde 2010. Pourquoi ce serait une surprise? Je ne veux pas parler de la France et de l’Irlande. Mais nous avons organisé la Coupe du monde de football en 2010 et elle a rapporté plus d’argent que celle en Allemagne quatre ans plus tôt, avec 15% de plus de revenus commerciaux. Et nous n’avions connu aucun incident durant la compétition. 

En France, on se montre sceptique sur les retombées financières d’une Coupe du monde en Afrique du Sud. Les Français, classés premiers dans ce critère, garantissent plus d’argent à World Rugby

Il s’agit de deux projets concurrents. Comme je l’ai dit avant, tous les tickets et les programmes de matchs seront pour World Rugby. On leur garantit 225 millions de livres (environ 253 millions d’euros) de revenus dans leurs poches, avant même d’avoir fait quoique ce soit. Ce n’est pas une projection, c’est ce que la vente des billets et des programmes rapportera. On sait comment fonctionne le monde aujourd’hui, n’importe quoi peut arriver à n’importe quel moment dans n’importe que pays. Donc, on se doit de garantir l’argent en premier. J’insiste, les budgets sont les budgets. Les prévisions, sont les prévisions. Tout doit arriver dans la banque. World Rugby va d’une Coupe du monde à une autre Coupe du monde car leur principal financement vient de ces compétitions.

La sécurité en Afrique du Sud fait également beaucoup parler. Que répondez-vous à ces critiques?

Je tiens à souligner que nous n’avons pas connu un seul incident violent à caractère international depuis vingt ans lors des grands événements. Nous avons organisé la Coupe du monde de football (2010), la Coupe du monde de cricket (2003, co-organisation), et d’autres grands événements… Aucun incident! Je ne veux pas rentrer dans des polémiques avec la France et l’Irlande ni commenter leurs dossiers. Il faut respecter le processus de désignation et ces recommandations du Board de World Rugby. 

Quelles sont vos relations avec Bernard Laporte qui n’était pas satisfait cette semaine des recommandations, notamment concernant l’évaluation des stades français? 

On se connait très bien. On a des relations de qualité. Je ne lui ai pas parlé dernièrement parce que le choix est encore frais. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps ces derniers jours. Nous étions très occupés. Je ne lui ai pas encore parlé mais on discutera quand on se verra. On doit avoir un esprit rugby même si on s’oppose pour le projet. Attendons le vote guidé par la recommandation de World Rugby. Il faut conserver de l’éthique dans le process à tous les étages.

Etes-vous au courant des affaires entourant Bernard Laporte?

Oui, j’en ai entendu parler. La seule chose que je peux dire c’est qu’il représente le rugby français. Mais nous regarderons le rugby français dans son ensemble et pas qu’un homme. En rugby, on est là pour jouer le ballon et pas les hommes. 

Cela peut-il avoir des conséquences sur le vote final?

Non, pas du tout! (Il le dit quatre trois fois) Bernard, c’est la France, et nous avons de bonnes relations avec la fédération française depuis de nombreuses années. Je ne veux pas parler de Bernard Laporte. C’est une affaire privée. La fédération française est un collectif, pas un seul homme. J’ai beaucoup de respect pour Bernard et je veux croire que c’est un bon gentleman. 

Dans les deux semaines à venir, allez-vous rêver chaque jour de cette Coupe du monde 2023?

Ecoutez, tout le pays rêve de la Coupe du monde. Plus qu’un rêve, le rugby est une religion. Ce n’est pas qu’un simple sport. Notre gouvernement utilise le rugby pour régler des problèmes sociaux. Je ne sous-estime pas le football mais le rugby est le seul sport qui rapproche les gens. C’est un langage que tout le monde peut comprendre, c’est incroyable. Quelque que soit votre tendance politique, votre couleur de peau ou votre religion, le rugby vous rassemble. C’est quelque chose qui nous pousse à n’être qu’une seule nation.

http://rmcsport.bfmtv.com/rugby/coupe-du-monde-2023-pourquoi-ce-serait-une-surprise-explique-le-sud-africain-mark-alexander-1292686.html

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