« Je nous trouve très sévères sur nos joueurs »

« Nous sommes une république démocratique. Tout le monde s’exprime et donne son avis. Je trouve bien que tout le monde donne son avis sur le sport. Après, je nous trouve très sévères sur nos joueurs. Certains, aujourd’hui, gagnent encore des Grands Chelems à 36 ans. Les nôtres ont la trentaine, et que je sache, leurs possibilités de gagner ne sont pas réduites. Rien qu’aujourd’hui, nous sommes en finale de la Coupe Davis et au 2e jour de compétition. »

« Je crois que cette génération est en train de se rendre compte de l’importance de la Coupe Davis pour leur carrière et leur avenir. Les larmes de Julien Benneteau hier (vendredi) ont montré l’attachement de nos joueurs à cette compétition. L’an prochain, il y aura un changement loin d’être négligeable – et qui nous aurait bien aidé cette année – avec l’incorporation d’un 5e joueur. »

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« Mousquetaires », « potentiel »… trop de pression

« Je le dis encore une fois : c’est vous (les médias) qui appelez les tennismen français ‘les Mousquetaires’. Moi pas ! C’est sans doute déjà à vous, médias, de leur enlever un peu de pression en leur donnant un nom qu’ils n’ont pas, parce que finalement, ils courent après un statut qu’ils n’ont jamais acquis. Ce sont des joueurs en quête de leur premier trophée. C’est pour cela qu’il faut les encourager. »

« Ne voulez-vous pas tuer ce mot de ‘potentiel’ une bonne fois pour toutes ? Et le remplacer par ‘capacité’ ? Les capacités, en sport, se mesurent par des résultats. Et en tennis, ça se mesure par des victoires. Si on fait demi-finale, on n’a rien gagné. Nous créons cet état d’esprit qui dit ‘je dois gagner des trophées dès que j’ai 10 ou 12 ans’. Je le dis à tous les coachs aujourd’hui : arrêtez cette culture du potentiel, donnez-leur la culture de la gagne, donnez-leur la culture de l’effort et celle du dépassement de soi. »

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« La précocité n’est pas le talent »

« Entre 10 et 16 ans, il faut les protéger. Il faut les protéger de toutes les sollicitations précoces. La précocité n’est pas le talent. En tennis, quand on a 16-18 ans et qu’on commence à toucher le circuit professionnel, c’est très dur. Sortir des Futures ou des Challengers quand on a des joueurs de 25-30 ans qui font du tennis leur moyen de vivre, c’est très compliqué. Même après avoir franchi cette couche. »

Le tennis féminin français « est le plus symptomatique » des faiblesses de la formation

« Il faut que vous nous donniez et que vous nous reconnaissiez, à nous, la Fédération, ce qu’on appelle notre domaine d’action stratégique. Nous, nous sommes compétents jusqu’aux juniors. Après, quand les joueurs deviennent professionnels, ils ne dépendent plus de la Fédé. Donc déjà, retrouvons cette ambition de faire gagner des Grands Chelems à nos juniors. L’an dernier, il n’y avait aucune fille qualifiée en Grand Chelem, à part à Roland-Garros grâce aux wildcards. Le tennis féminin français est le plus symptomatique de cette politique qu’il faut changer. »

« Laissons les enfants mûrir jusqu’à 16 ans dans leurs familles, habituons-les à sortir, à aller à l’étranger (…). Et quand ils arrivent au haut niveau, là, mettons les moyens pour qu’ils se professionnalisent. Ce qui manque, c’est cette phase de professionnalisation. Qu’ils apprennent l’exigence du haut niveau. (…) La principale faiblesse du tennis français, elle est avant 12 ans. Les joueurs arrivent à 12 ans avec des lacunes techniques qu’ils vont traîner toute leur vie. C’est là-dessus qu’il faut investir. »

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Lille, unique ville disponible pour cette finale

« Pour organiser une finale de Coupe Davis, il faut au minimum un stade de 12.000 places. Il n’y avait pas de stade, d’au moins 12.000 places, disponible dans le sud de la France, sauf si nous avions fait comme en 1999 à Nice en montant des praticables, avec tous les risques que présente ce type d’équipement. Sans parler de la qualité moyenne de l’accueil pour une épreuve de cette dimension. »

« Restait la solution de l’U-Arena (Nanterre). Mais l’U-Arena organisait, la semaine précédente, une compétition de moto-cross qui ne nous laissait pas le temps suffisant pour organiser la compétition. La seule solution, c’était Lille. Il n’y en avait pas d’autre. Si aujourd’hui, le maire de Marseille, Nice, Montpellier ou je ne sais où sous la méridienne d’Avignon, décide de construire un stade d’au moins 12.000 places, il fera partie des villes les plus favorites pour accueillir une finale de Coupe Davis. »

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http://rmcsport.bfmtv.com/tennis/coupe-davis-pour-giudicelli-on-est-tres-severe-avec-les-bleus-et-on-leur-met-trop-de-pression-1312612.html

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