Dimanche soir, lors de son long monologue de neuf minutes en conférence de presse, au moment de revenir sur le succès de l’équipe de France en finale de la Coupe Davis – le premier de cette génération, le premier depuis 16 ans et son troisième à titre personnel – Yannick Noah a réglé quelques comptes, comme ce fameux « Tout le monde s’était habitué à perdre. C’est dur cette culture de la lose » balancé aux micros des médias. Le capitaine des Bleus a surtout effleuré les difficultés qu’il a connues durant cette semaine folle et intense.

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« Je n’ai jamais chialé autant, je n’ai jamais vu autant de larmes, de douleurs, j’étais avec des êtres humains, ça n’a rien à voir avec le tennis », a-t-il glissé entre deux déclarations d’amour pour les membres de son staff. Des propos qui font écho, aussi, aux larmes versées par ses joueurs. Pas celles versées au moment de soulever le Saladier d’Argent, mais plutôt celles qui ont coulé plus tôt dans la semaine, quand Noah a annoncé la composition de son équipe pour la finale.

Un temps sorti de l’équipe, Herbert estime « s’être fait enfler »

Ce n’était évidemment pas le moment, à quelques jours d’une finale de Coupe Davis, mais le capitaine français a bien failli perdre le contrôle de son groupe mercredi soir. On le devine sur les différents clichés de la soirée officielle: les visages sont souriants, détendus. C’est une fois de retour à l’hôtel, vers 23 heures, que le capitaine a la lourde charge de rayer deux noms de sa liste. Le couperet tombe sur Julien Benneteau et Nicolas Mahut. Une surprise considérable pour les deux, à qui on avait fait miroiter une place de titulaires depuis trois jours.

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Officieusement sorti de l’équipe au lendemain de son arrivée à Lille – il s’était légèrement blessé au dos au Masters de Londres et avait dû déclarer forfait – Pierre-Hugues Herbert est fou de rage. Il prévient son père par texto. Celui-ci, dans une interview accordée vendredi à Tennis Magazine, révèle que son fils estime « s’être fait enfler ». Perdu pour perdu, Herbert jette toutes ses forces lors des entraînements et retourne le cerveau du capitaine, qui décide alors de tenter – au feeling, sans consulter ses adjoints? – une association Gasquet-Herbert.

Déçu, « trahi », Benneteau sert de sparring-partner à Herbert et Gasquet

Lorsque Noah informe Mahut et Benneteau de sa décision, leur réaction est violente. « Benet’ », le plus sanguin des deux, a l’impression d’être trahi et voit son rêve s’écrouler. Les deux « bannis » ne sont pas évidemment pas présents dans la salle des fêtes de la Préfecture de Lille, jeudi, pour la cérémonie du tirage au sort. Pour l’union du groupe, c’est même heureux que ces derniers ne soient pas rentrés directement à Paris ou ne se soient même pas répandus dans la presse.  Pour eux, le survêtement de l’équipe de France est une relique et Julien Benneteau va même servir de sparring-partner à Pierre-Hugues Herbert et Richard Gasquet le jeudi après-midi.

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Durant la compétition, les deux « bannis » seront parfaits. Surtout Mahut, qui, aux premières loges, va « porter » son petit frère Pierre-Hugues lors du double crucial. Leur récompense, c’est de venir sur le podium chercher une réplique du Saladier d’Argent. Le Graal à 35 ans. Mais la cicatrice est béante. Le vendredi, Julien Benneteau a fondu en larmes lors de l’apparition de l’équipe de France sur le Central. Dimanche, à chaque question gênante, il a dégagé en touche. « Pour avoir des grandes joies, il faut avoir des grandes peines », lâche-t-il, sans donner plus de détails.

Mahut : « cette compétition va laisser des traces »

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De son côté, Nicolas Mahut a aussi éludé la question de son avenir en équipe de France. « J’ai pensé très fort à ma maman (NDLR: décédée) sur le podium. Cette compétition laisse des traces, a confié l’intéressé. J’ai besoin de pouvoir réfléchir à la suite à donner. Noah va nous poser la question de son avenir. Ce sera une réponse collective. A titre individuel, je ne veux pas m’exprimer. » Cette semaine l’a prouvé, la Coupe Davis est une compétition cruelle et dévastatrice pour ses acteurs. Lille 2014 avait laissé des traces. Lille 2017 en laissera sûrement d’autres.

VIDÉO. Noah: « dur de trouver les mots »

http://rmcsport.bfmtv.com/tennis/coupe-davis-la-colere-d-herbert-le-silence-de-benneteau-les-coulisses-de-la-victoire-des-bleus-1313849.html

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