Strasbourg a bien digéré et poursuit son festin

Première équipe à faire tomber l’ogre parisien cette saison (2-1 la semaine dernière à domicile), le promu strasbourgeois  (désormais 21 points avant même la mi-saison, dans les temps de passage du maintien) ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Doté d’une force mentale étonnante qui lui a permis de digérer en six jours une performance qui aurait fait tourner plus d’une tête, le collectif strasbourgeois a de nouveau rendu une copie très convaincante ce vendredi.

En déplacement sur le terrain d’une formation girondine à la dynamique totalement opposée (une seule défaite sur les dix derniers matchs pour le RCS ; une seule victoire en neuf matchs pour Bordeaux), les hommes de Thierry Laurey ont fait vivre un véritable cauchemar à des Marine et Blanc qui ont fait peine à voir.

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Et tout est allé très vite pour une équipe qui joue clairement en confiance et à qui tout réussit. Dès la 2eme minute, une interception parfaitement transformée par une passe lumineuse de Terrier vers Bahoken permettait à ce dernier de placer une accélération fulgurante pour aller battre Costil. Deuxième buteur contre le PSG, l’ancien Niçois inscrivait ainsi son deuxième but consécutif et son troisième de la saison.

A la 38eme minute, après une faute de Sankharé, rentré en jeu deux minutes plus tôt, Dimitri Liénard nettoyait la lucarne gauche du gardien bordelais sur un magnifique coup franc de près de 30 mètres. Totalement libérée, la formation alsacienne, sereine devant des Girondins amorphes et absents, enfonçait le clou juste après l’heure de jeu (64eme) sur un incroyable déboulé de Martin Terrier. Parti de sa moitié de terrain, l’international espoir se lançait tout droit, tête basse, vers le but bordelais et passait en revue toute la défense girondin (surtout la charnière Toulalan-Jovanovic, catastrophique). Cruel pour Bordeaux, totalement assommé.

Une ambiance surréaliste

C’est peu dire que les Girondins n’ont pas évolué dans un environnement serein et favorable. Malgré ‘‘L’Envie’’ de Johnny crachée par les haut-parleurs à l’entrée des deux équipes, les joueurs de Jocelyn Gourvennec ont tout raté. Résultat, avant même la mi-temps, le public bordelais, déjà méfiant au coup d’envoi, s’est ligué contre ses joueurs. D’abord en sifflant copieusement et en hurlant plusieurs ‘‘On se fait ch…!’’.

Puis en demandant pour la première fois la démission de Gourvennec. La situation a tourné à l’ubuesque quand, pendant la pause, le virage sud des supporters Ultramarines s’est vidé aux trois-quarts en signe de protestation. Le moment choisi par l’ancien président du club, Jean-Louis Triaud, pour descendre au pied de la tribune pour discuter avec les fans bordelais…

Toujours aussi éteints en deuxième mi-temps, les Bordelais ont même été ridiculisés, leurs supporters accompagnant la démonstration strasbourgeoise de ‘‘Olé !’’ humiliants. Côté joueurs? Rien! La défense a été constamment prise de vitesse, le milieu a pris l’eau et n’a trouvé aucune solution, Otavio a failli être expulsé avant d’être sorti à la 36e minute, Cafu a essayé mais a tout le temps échoué… Un naufrage pour le collectif bordelais.

Gourvennec peut-il tenir ?

Troisième après sept journées, Bordeaux n’en finit pas de plonger. Fessés au Parc des Princes lors du 8e acte de cette Ligue 1 (6-2), les Girondins ont depuis remporté seulement un match en dix rencontres (3-0 contre Saint-Etienne le 28 novembre) et se retrouve ce vendredi soir provisoirement douzième avec 20 points, six unités seulement devant Angers, deuxième relégable, et quatre devant Toulouse, barragiste.

Plus que les résultats, c’est l’attitude des Girondins qui alarme au sortir de cette déroute contre le promu strasbourgeois. Conséquence logique, l’entraîneur se retrouve donc montré du doigt. Alors, Jocelyn Gourvennec est-il menacé? Le président Stéphane Martin a, à plusieurs reprises ces derniers jours, réaffirmé qu’il avait toute confiance en son entraîneur. Cette confiance résistera-t-elle au triste spectacle de cette 17e journée?

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Gourvennec : « Il ne faut pas baisser la tête »

Jocelyn Gourvennec, lui, a rapidement souhaité apaiser les éventuelles tensions. Juste après le coup de sifflet final, l’ancien coach de Guingamp, d’un calme incroyable au regard de la situation et de la prestation de ses joueurs, a prôné l’union pour sortir au plus vite de l’ornière.

« C’est un moment très difficile, a réagi un Gourvennec réaliste mais combattif au micro de nos confrères de Canal Plus. On s’est fait transpercer très tôt et à plusieurs reprises. Nous avons été dans le doute dès le départ. On aurait pu prendre plus de buts. Quand c’est difficile, il ne faut pas baisser la tête. Je comprends le public, c’est logique, c’est évident. Il s’agit d’un mécontentement général. Il faut qu’on reste unis. Il n’y a que ça qui compte, il faut continuer à bosser et aller chercher les points car on n’en a que 20. Je mets toute mon énergie dans mon métier, il n’y a que ça qui compte. On est sur la même longueur d’onde avec les dirigeants. »

http://rmcsport.bfmtv.com/football/bordeaux-strasbourg-des-girondins-a-la-derive-1322739.html

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