C’est fini pour Juan Smith. L’ancien troisième ligne des Springboks et de Toulon jouera son dernier match professionnel, demain, avec son équipe japonaise des Toyota Verblitz contre les Toyota Industries Shuttles. Pour l’occasion, il a été nommé capitaine de son équipe dirigée par Jake White, où évoluent aussi Gio Aplon et Jacques Cronje. La franchise a publié un communiqué pour expliquer que Juan Smith ne pourrait plus porter le maillot « et qu’il retournerait en Afrique du Sud, en raison de problèmes personnels. » Le rideau tombe donc sur une carrière assez extraordinaire, riche de 70 sélections de 2003 à 2014 avec un titre mondial en 2007 (plus un titre de champion du monde avec les Baby Boks en 2002).

Dans l’hémisphère Sud, il a joué pour les Cats (devenus les Lions), puis pour les Cheetahs, deux clubs avec qui il n’a rien gagné. Il a également passé quatre années à Toulon, de 2013 à 2017, avec qui il fut double champion d’Europe (2014, 2015) et champion de France en 2014. Lorsqu’il arrive à Toulon, en 2013, le Springbok n’a pas joué depuis plus d’un an et se remet d’une rupture du tendon d’Achille pour laquelle il a dû subir quatre opérations. En avril 2012, il avait d’ailleurs annoncé une première fois mettre un terme à sa carrière de joueur professionnel, avant de revenir sur cette décision.

Le troisième ligne de 34 ans n’a évidemment pas oublié l’époque où il broyait du noir. « J’ai subi quatre opérations à Pretoria, en Afrique du Sud. Dès que j’allais en rééducation, c’était l’échec. Je souffrais. Et remarcher était un cauchemar. La dernière opération a été la bonne. C’est comme si j’avais une nouvelle jambe !« , s’amusait le flanker. Son agent, Stephan Weyers, revenait à l’époque sur cette opération de la dernière chance : « Quand Juan s’est retiré, un docteur de Bloemfontein lui a proposé de repasser sur la table d’opération car ce qui avait été fait jusqu’alors n’avait pas été bien fait. Il lui a promis de le remettre sur pied. Après cinq mois de convalescence, Juan était de retour, prêt à s’entraîner. Il était à nouveau libre de jouer. »

Juan Smith (Afrique du Sud) lors du Tri-Nations 2010

Juan Smith (Afrique du Sud) lors du Tri-Nations 2010Getty Images

La résurrection toulounaise

Et c’est avec le maillot de Toulon qu’il retrouvera son meilleur niveau, pour le plus grand bonheur des supporters varois. Ces derniers garderont sans doute longtemps en mémoire sa prestation XXL lors de la finale 2014 contre les Saracens (23-6). Infranchissable, Juan Smith avait même terminé la rencontre avec 16 plaquages, des charges dévastatrices et un essai magnifique après un sublime une-deux avec Juan Martin Fernandez Lobbe. Bernard Laporte, qui adore ce type de joueur, a été un grand admiratif du personnage : « Quand tu vois les différentes étapes de sa vie, tu imagines l’abnégation et le courage qu’il peut y avoir en lui. » Car Juan Smith n’est pas qu’une force de la nature, c’est aussi et surtout une force mentale extraordinaire.

S’il a remporté des titres sur la Rade, il y a surtout retrouvé le plaisir de jouer. D’autant qu’il jouait avec ses compatriotes Bryan Habana, Michael Classens, Danie Rossouw et Bakkies Botha. Une équipe de « All Stars » avec un leader naturel, Jonny Wilkinson. Ce RCT avait surtout été la première équipe à réaliser l’exploit de réaliser le doublé historique Brennus – coupe d’Europe. Et Juan Smith, qui avait réalisé une saison énorme, n’y était pas pour rien. Il ne boudait d’ailleurs pas son plaisir : « Il y a quinze mois, j’annonçais ma décision de me retirer du rugby« , rappelait-il au printemps 2014. « Alors, tout ce qui m’arrive aujourd’hui ne peut être que du bonheur. C’est inespéré… Je suis le plus heureux des hommes !« 

Malgré ces exploits avec le RCT, son plus grand fait d’armes restera d’avoir été champion du monde en 2007 avec les Springboks. Avec Danie Rossouw et Schalk Burger, il était un rouage essentiel de ce qui était probablement la meilleure troisième ligne de cette Coupe du monde. Dans un pack sud-africain qui broyait tous ses adversaires, il a souvent rayonné de par sa présence physique, sa férocité défensive, son activité offensive et son aisance en touche. Également bon manieur de ballons, il faisait clairement partie du gotha mondial au poste de troisième ligne aile. André Venter, légendaire flanker du rugby sud-africain, estimait tout simplement qu’il était le meilleur troisième ligne sud-africain.

D’anciens coéquipiers et des légendes du jeu ont tenu à lui rendre un hommage appuyé :

Jonny Wilkinson

Drew Mitchell

Par Quentin Soubranne

Carl Heyman, Bakkies Botha et Juan Smith (Toulon) célèbrent le titre en Rugby Champions Cup en 2015

Carl Heyman, Bakkies Botha et Juan Smith (Toulon) célèbrent le titre en Rugby Champions Cup en 2015Getty Images

http://www.rugbyrama.fr/rugby/juan-smith-met-un-terme-a-son-immense-carriere_sto6373657/story.shtml

0 Comments

Leave a Comment

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password